.
.
.
.
"La différence entre l'érotisme et la pornographie c'est la lumière". Bruce LaBruce
.
.

dimanche 23 août 2009

Keith Vaughan (1912-1977)




Keith Vaughan est né le 23 août 1912 à Selsey dans le Sussex, en Angleterre, mais ses parents déménagent à Londres, ville où il a vécu pendant le reste de sa vie, peu de temps après sa naissance. Il a un frère cadet qui sera tué à la guerre en 1940. Son père quitte le foyer lorsqu’il n’a que huit ans.

Il a étudié à la Christ's Hospital école, une école publique à Horsham, où il était pensionnaire. Curieusement dans cete école, il a eu des cours l'art sur la Renaissance italienne, ce qui n’est sans doute par pour rien dans le déclenchement de sa vocation. Son professeur de dessin, un maître éclairé, H. A. Rigby encourage le jeune Keith Vaughan à la pratique du dessin et favoriser en particulier son intérêt pour Frank Brangwyn, dont les peintures murales orne la chapelle de l'école.

De 1931 à 1938, il assume un travail, qu’il qualifie de routinier dans une agence de publicité (Lintas). Il trouve une certaine compensation à ce labeur en étant en contact avec des artistes qui travaillent à l’agence tels que Felix Kelly et le peintre australien, John Passmore.

Passmore a dit de Vaughan: «Je lui dois beaucoup, dans un paradis de fous trouver un être de talent est quelque chose pour laquelle il faut remercier Dieu.>>. Les heures de loisir de Vaughan était intensivement occupées d’abord par la peinture mais aussi par la musique et la fréquentation assidue des spectacles de ballet; Vaughan était un grand passionné de Diaghilev.

Vers la fin des années 30, il a passé de nombreux week-ends à Pagham avec des amis, consacrés aux bains de soleil, à la natation et à jouer sur la plage. Durant cette période il prend de nombreuses photographies dans lesquelles ses amis semblent souvent figés en plein mouvement. Ces images l’aideront probablement à trouver les attitudes des poses qui ensuite figureront dans ses peintures de la maturité.

La plage de Pagahm dans l’oeuvre de Vaughan tient un rôle similaire à celles de Long Island dans celle de Paul Cadmus.

Lors d’une visite à Paris en 1937, Il fait sa première rencontre directe avec la peinture impressionniste et post-impressionniste.En 1939, après avoir quitté Lintas, il a passe une année à sillonner toute la Grande Bretagne pour réaliser des paysages à la gouache et à l’huile. C’est son premier face à face prolongé avec la peinture.Lorsque la guerre éclate, en tant qu'objecteur de conscience il rejoint le service des ambulances.

En 1941 il s’ enrôle dans le Pioneer Corps dans lequel, parlant couramment l’allemand, Il sert d’ interprète pour les prisonniers de guerre allemands. Il avait accès à de nombreux conscrits et prisonniers de guerre dont il fait ses premiers modèles. Douze des dessins et peintures que Vaughan a peint au cours de cette période ont été achetés par la Ward Artists' Comitee et exposés à la National Gallery de Londres, à côté des oeuvres d'artistes tels que Graham Sutherland, Henry Moore et John Piper, qu'admirait beaucoup Vaughan. Vaughan était autodidacte en ce qui concerne la pratique du dessin et de la peinture.

Ses premières expositions ont eu lieu pendant la guerre.Toujours pendant la guerre il se lie d’ amitiés avec les peintres Graham Sutherland, John Craxton et John Minton, avec qui après sa démobilisation en 1946, il a partagé un atelier. Minton l'initie à Duncan Macdonald à la Galerie Reid & Lefevre, où Vaughan fait sa première exposition personnelle. Il continuera d’exposer dans cette galerie jusqu'en 1952.

Mais c’est principalement Graham Sutherland, déjà célèbre, qui influença grandement son travail. Par ces contacts il a fait partie du cercle des Néo-Romantiques dans l’immédiate après guerre. Cependant, Vaughan a rapidement développé un style idiosyncratique qui l'a éloigné du groupe.

De 1946 à 1948 il a enseigné à l'école des arts et métiers de Camberwell . C’est Pendant cette période qu’il rencontre un étudiant en art sans ressources, Ramsey McClure. Ils vivront ensemble pendant 30 ans.Tout en se concentrant sur le sujet de la figure masculine, ses travaux sont devenus de plus en plus plus abstraits au fil du temps.

En 1954 il est professeur à l'école des beaux-arts de Slade, où il a David Hockney comme élève.

Aujourd’hui hormis à la Tate Britain Gallery de Londres et dans des musées de la province anglaise, il est assez difficile de voir les oeuvres de Vaughan car nombreux de ses tableaux sont dans des collections particulières.

Atteint d’un cancer du colon depuis 1975, il se suicide en 1977. Il décrit ses derniers moments dans son journal jusqu’à l’instant où l'overdose fait effet.











Ochre Figure, 1952











Ochre Bather, 1951





Study for seated figure (gouache)





Nude Standing by a Chair





Bathers By A Grey Sea, 1947

















1952





Landscape with Two Bathers (The Diver), 1954























vendredi 21 août 2009

Ganymède




C'est un prince troyen, fils de Tros (roi fondateur de Troie) et de la nymphe Callirrhoé, arrière-petit-fils de Dardanos et donc descendant de Zeus. Selon l'Iliade, il est réputé être le plus beau des adolescents.
Alors qu'il fait paître son troupeau sur le mont Ida de Troade, Zeus l'aperçoit et, se transformant en aigle, l'enlève pour en faire son amant, et l'échanson des dieux. En compensation, son père reçoit de Zeus quatre chevaux qu'il tenait de Poséidon, qui figurent ensuite dans le mythe d'Héraclès : Laomédon (père de Ganymède selon d'autres versions) les promet au demi-dieu s'il sauve sa fille Hésione. D'autres traditions parlent plutôt d'une coupe en or, œuvre d'Héphaïstos. 





Michel-Ange 1475








Anonyme 1540-1560


Héra, jalouse non seulement de ce nouvel amant mais aussi de sa fonction d'échanson que Zeus avait enlevé à Hébé, sa fille, force son mari à renvoyer Ganymède chez les mortels. Zeus l'élève alors plutôt au ciel sous la forme de la constellation du Verseau.

Homère (Iliade, XX, 232-233), lui, mentionne seulement qu'il est enlevé par « des dieux », sans parler d'aigle. Enfin, selon une version plus tardive, c'est Éos (l'Aurore) qui enlève Ganymède et Tithon. Zeus, apercevant Ganymède, le réclame à la déesse, et l'obtient à condition qu'il exauce un vœu.
Ganymède donna son nom à la constellation du Verseau.




Le Correge



Il est difficile d'identifier ce qui revient à l'histoire et ce qui revient au mythe à propos de Ganymède. « Zeus et Ganymède » étant le couple pédérastique archétypal et divin depuis la Grèce classique, il a donné lieu à d'innombrables œuvres, aussi bien par les poètes de l'antiquité que par les artistes depuis la Renaissance.

source:wikipedia





Eustache Le Sueur 1646



"Sur le monde je porterai le regard clair prêté par l'aigle à Ganymède", écrivait Jean Genet dans le Journal du voleur. Enigmatique et silencieux, arraché à la terre par l'aigle de Jupiter, le jeune Troyen devint l'échanson des dieux, immortalisé dans la constellation du Verseau. 




vers 450 av. J.C.



Avant que la critique contemporaine fasse de lui un emblème de l'homosexualité, Ganymède a inspiré autant les arts figurés (Botticelli, Le Corrège, Michel-Ange, Rubens, Rembrandt, Flatters, Thorvaldsen, Pallez, Turcan...) que, depuis les épisodes homérique et ovidien, une riche littérature: on le retrouve en particulier dans l'œuvre de Dante, de Géngora, de Du Bellay, dans le théâtre de Marlowe et de Shakespeare, à l'âge romantique dans le poème de Goethe devenu lieder de Schubert et de Wolf, dans les poésies de Hölderlin, de Lamartine et de Musset, au siècle suivant dans les œuvres de Jacques d'Adelswärd-Fersen, de Forster, de Thomas Mann... Ganymède illustre la beauté du corps masculin et son érotisme, mais aussi une idée de la jeunesse éternelle ; son rapt peut être une image du sublime, et, par sa fonction d'échanson divin, il incarne une certaine conception de l'inspiration et de l'enthousiasme poétiques dont on trouve un pendant dans les poésies arabe et persane.

Source: Véronique Gély, PUF.  "Ganymède ou l'échanson rapt, ravissement et ivresse poétique"




Thorvaldsen




Pierre Julien (1731-1804), Ganymède et l’aigle de Jupiter





Polydore de caravage






Rembrant 1635





Rubens 1611-1612






Zeus enlevant Ganymède, terre cuite peinte, v. 480





Zeus Courting Ganymede, by the Penthesileia painter. Red-figure kylix from 450 B.C.

jeudi 20 août 2009

Monica Majoli


























Gio Peter Black


































mercredi 19 août 2009

Hermaphrodite endormi (Le Louvres)





Chef-d'oeuvre admiré de la collection Borghèse, cette oeuvre ne cesse de fasciner par l'ambivalence et les courbes voluptueuses d'Hermaphrodite, lascivement endormi sur le matelas sculpté par Le Bernin au XVIIe siècle.

Uni au corps de la nymphe Salmacis, dont il avait repoussé les avances, le fils d'Hermès et d'Aphrodite est représenté comme un être bisexué. Le sujet s'inspire d'un original du IIe siècle av. J.-C. et reflète le goût pour la mise en scène à la fin de l'époque hellénistique.

Découverte à Rome près des thermes de Dioclétien en 1608, cette statue compte parmi les chefs-d'œuvre les plus admirés de la collection Borghèse aux XVIIe et XVIIIe siècles.

En 1619, le cardinal Scipion Borghèse confie au sculpteur baroque italien Le Bernin l'exécution du matelas sur lequel repose désormais le marbre antique. La même année, David Larique travaille à la restauration de l'Hermaphrodite (Fils d'Hermès et d'Aphrodite, à qui il emprunte leur nom, Hermaphrodite est un beau jeune homme dont la nymphe Salamacis tomba amoureuse. Pour ne plus être séparée de son bien-aimé, la nymphe obtint de ne plus former avec le jeune homme qu'un seul être, à la fois féminin et masculin.)

L'oeuvre entre au Louvre après son achat par Napoléon Ier à son beau-frère le prince Camille Borghèse en 1807, avec l'ensemble de la collection Borghèse. Bien que l'Hermaphrodite du Louvre ait été le plus célèbre, trois autres répliques de la statue antique lui ont parfois été comparées, celle de Velletri (également conservée au Louvre), celle des Offices de Florence et un autre exemplaire encore conservé à la Villa Borghèse à Rome.

Cette œuvre est une copie romaine qui s'inspire probablement d'un original grec du IIe siècle av. J.-C. Pline l'Ancien cite un Hermaphroditus nobilis de Polyclès (Histoire naturelle, XXXIV, 80) mais, faute de description de sa part, le rapprochement avec l'Hermaphrodite endormi est incertain. Le sujet reflète le goût pour la nudité alanguie, l'effet de surprise et la théâtralité, très prisés à la fin de l'époque hellénistique.

Le terme hellénistique correspond aux trois siècles qui suivent les conquêtes d'Alexandre, période pendant laquelle les pays touchés par le conquérant sont influencés par les courants artistiques et culturels grecs.

L'œuvre est conçue pour être appréciée en deux temps. D'abord s'impose une gracieuse et sensuelle physionomie qui flatte la féminité du personnage et s'inscrit dans la tradition du nu féminin hellénistique, magnifié ici par la sinuosité de la position.

Ensuite, le revers de la statue crée la surprise en révélant sa nature androgyne, usant du réalisme le plus cru. Cet effet de contraste et d'ambiguïté, voire ce goût pour l'étrange qui joue avec les émotions du spectateur, est un aboutissement de l'art hellénistique de la mise en scène.

On interprète parfois cette combinaison utopique des deux sexes comme une création mi-ludique, mi-érotique, destinée à illustrer les réflexions philosophiques et platoniciennes sur l'amour.
(source: Le louvres.fr)





















Hermaphrodite endormi. Oeuvre romaine d'époque impériale (IIe siècle ap. J.-C.). Découvert à Rome, près des thermes de Dioclétien, en 1608.
Jean-Marc Plassard