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"La différence entre l'érotisme et la pornographie c'est la lumière". Bruce LaBruce
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mercredi 28 avril 2010

Salvador Dali (1904-1989)

"Aucun désir n'est coupable, il y a faute uniquement dans leur refoulement"


"Les désirs que je considère les plus nobles sont ceux que je considère comme les plus humains c'est à dire les plus pervers."



Pape du surréalisme en peinture, Salvador Dali est né le 11 Mai 1904 à Figueras en Catalogne. Il porte le même prénom que son père et que son frère décédé 9 mois auparavant, ce qui sera la source de beaucoup de pensées morbides et de troubles psychiques.

L'érotisme dalinien exprimé dans son oeuvre, exprime bien le rapport ambigu qu'il entretient avec la sexualité. Dans ses écrits, Dali se définit clairement dès son plus jeune âge comme un "parfait pervers polymorphe". Sous l'angle psychanalytique, la sexualité dalinienne apparaît comme le moteur principal de ses traumatismes et ses pulsions de jeunesse.

Très jeune, la sexualité, ou plutôt les jeux érotiques, ont fait partie du pesonnage de Dali. Afin de choquer son entourage et surtout les domestiques, il s'adonnait fréquemment à des jeux exhibitionnistes, offrant son corps nu chaque matin à la personne qui venait le réveiller.

Les premières approches littéraires de la sexualité ont profondemment traumatisé le jeune peintre. Dali raconte que son père disposait d'un recueil médical très détaillé sur les maladies vénériennes. Pour cette raison, longtemps Dali imagina l'acte amoureux comme une petite mort, homme étant dévoré à mort par la femme (concept de la mante religieuse).

A l'adolescence, il explora l'onanisme avec beaucoup de ferveur. Certains analystes des oeuvres de jeunesses de Salvador Dali affirment avoir décelé la présence de fantasmes incestueux inavoués dans ses nombreux portraits de dos de sa soeur Maria.

Son talent de dessinateur est révélé très jeune par un ami peintre de la famille, Ramon Pitchot. Il n’a donc pas de difficultés à convaincre ses parents de la nécessité de suivre des cours de dessin à l’Ecole des Beaux Arts de Madrid, où il rencontre Luis Bunuel et Federico Garcia Lorca, avec lequel il a une amitié complexe ainsi qu’en témoigne son tableau « composition aux 3 figures ».


Composition aux trois figures, 1926



Malgré une constante retenue, Dali est en proie à des obsessions sexuelles et scatologiques, à des fantasmes de pénétration et de peur de la castration. Lorca le sait et en joue avec lui. Dali tombe amoureux de Lorca sans que l'on sache s'ils ont concrétisé cette relation, Dali ayant affirmé ne pas avoir eu de relation sexuelle en dehors de Gala. Lorca ayant essayé de le sodomiser, en vain.


Lorca était homosexuel, totalement, exclusivement. Il voulut aimer librement. Cet aspect de sa vie est très important. Lorca aima Dali qui le lui rendit mais qui, plus tard, sous l'influence de Luis Buñuel horrifié par l'homosexualité, nia leur passion réciproque. Dali a passé sa vie à mentir. Obsédé par son refus du corps féminin, résista-t-il complètement à ses pulsions homosexuelles ?


"Quand Garcia Lorca voulait me posséder, je m'y refusais avec horreur. Mais en vieillissant, je suis un peu plus attiré par les hommes. À condition qu'ils n'aient pas de barbe, qu'ils soient très jeunes, qu'ils ressemblent à des filles, avec de longs cheveux et des visages angéliques. Sur un corps très souple, quasi féminin, voir se dresser une virilité me réjouit les yeux"


Politiquement, il est de tendance anarchiste et s’oppose à la dictature de Primo de Rivera. Il est exclu de l’école et emprisonné…Il devient héros parmi les étudiants et commence à se créer une réputation. C’est ainsi qu’on lui propose de participer à une exposition à Barcelone à la galerie Dalmau. Il est repéré par deux peintres catalans Picasso et Miro, qui lui ouvriront les portes des galeries parisiennes.

Bunuel, jaloux de cette relation avec Lorca et fondamentalement dégouté par cette homosexualité inavouée, commence à travailler avec Dali et cherche à le sortir de Barcelone et de Madrid. Il travaille avec Dali sur le « Chien andalou » ; ensemble ils le présentent à Paris et obtiennent un réel succès.

L’expérience parisienne est un choc érotique qui développe un peu plus ses obsessions : ombres phalliques, couples homosexuels, homme à mains vaginales, décomposition, excréments. Celui qui deviendra le Grand Masturbateur a trouvé sa voie. Typique de ces leitmotiv, le "Jeu lugubre ", où le sein d’une femme est le testicule d’un doigt phallique, où les fessiers sont rougis ou souillés.



Dali et Lorca






Extraits des lettres que Salvator Dali adresse à Federico Garcia Lorca, entre 1925 et 1936:

« Mon chéri, écris-moi, toi, le seul homme intéressant que j'ai connu ».

« Si j'étais à tes côtés, je ferais le Pédé pour t'émouvoir et te voler tes petits billets ».

« Pour Federico, avec toute la tendresse de son Bébé ».

« Il y a bien une histoire de saint Sébastien, qui prouve à quel point il est bien attaché à sa colonne, et que son dos est intact. Tu n'avais pas pensé que le cul de saint Sébastien n'est pas abîmé. »

Ses obsessions commencent à inquiéter son entourage… C’est à ce moment qu’il rencontre Eluard et sa femme Gala, dont il tombe amoureux. S’amorcera alors la période la plus prolifique et inventive de Dali.


Plus tard, Dalí organisera des rencontres érotiques qui raviront son besoin d'érotisme visuel et distant. Il théorisa ses fantasmes sous le terme de clédalisme, nom provenant de Solange de Cléda, héroïne de son unique roman érotique Visages Cachés.

Il en explique lui-même le fonctionnement : il s'agit d'abord de convaincre une quinzaine de participant à se livrer aux fantasmes du maître selon une organisation méticuleusement préparée et consignée par écrit par des "notaires". Les participants sont choisis pour leur beauté et leur raffinement, voire leur innocence. Il faut ensuite réunir tout le monde dans un lieu propice et minutieusement préparé. Et enfin, plaisir suprême de Dalí, une fois que tout est minutieusement en place, préparé depuis parfois plusieurs années, annuler brusquement la party au dernier moment. Organisation digne du Marquis de Sade, plaisir de la débauche, voyeurisme, frustration, impuissance... un vrai fantasme dalinien.

sources: Wikipédia, Emmanuelle Falsanisi, Notes et chronologie de Rafael Santos Torroella, Éditions Carrère, 1987, univerdali.com, culture et débat-overblog, Dali/Pauwels, Les Passions selon Dali, éditions Denoël, 2004 .





Salvador Dali et Federico Garcia Lorca












L'énigme de Guillaume Tell






Poesie d'Amerique, 1943






dessin érotique






Etude pour Guillaume Tell, 1932







Guillaume Tell, Gravida et le bureaucrate, 1932






Dessin érotique, 1931







Dessin érotique, 1931

2 commentaires:

Museo del Pene a dit…

Todas estas pinturas son de Dalí?

Anonyme a dit…

What do you think..?
It breaths the spirit of Salvador Dalí (..)