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"La différence entre l'érotisme et la pornographie c'est la lumière". Bruce LaBruce
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jeudi 29 avril 2010

Jean Hippolyte Flandrin (1809-1864)


Élève de Dominique Ingres, son travail se situe à la charnière du néo-classicisme et du style académique. Premier grand Prix de Rome d'histoire en 1832, il se livra d’abord à la peinture historique, avant de se tourner vers la peinture religieuse.

Il exécuta les peintures murales de l'église Saint-Séverin, Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

En 1853, il fut élu membre de l’Académie des beaux-arts. En 1863, sa santé déclinante le pousse à retourner en Italie, où il mourut de la variole.

Faut-il croire Henri Delaroche qui saluait Flandrin, en 1859, dans la Revue des Deux Mondes, comme « le plus grand peintre religieux que la France ait vu naître depuis Lesueur » ? Il est vrai en tout cas qu'Hippolyte Flandrin a, sous la bannière de l'ingrisme, incarné en France une renaissance de l'art religieux, comparable à celles dont nazaréens et préraphaélites furent les artisans en Allemagne et en Angleterre. Ce qu'on appellera le style Saint-Sulpice n'est que l'affadissement et la vulgarisation sentimentale de l'effort d'une pléiade de peintres, généralement lyonnais, qui ont voulu donner son illustration au réveil catholique du xixe siècle.




Autoportrait avec son frère Paul




Homme nu, debout, se cachant le front, se dirigeant vers la droite




Homme nu, tourné vers la gauche, tendant les deux bras




Homme nu, vu de dos, regardant à droite




Le Christ en Croix, 1855-1861


Les oeuvres, dessinées comme peintes, d'Hippolyte Flandrin se caractérisent par une expression idéalisée, empreinte d'un mysticisme doux et rêveur, qui transparaît jusque dans ses études préparatoires. Ainsi de cette académie d'homme : le visage du Christ exprime le recueillement, la sérénité, non la souffrance et la douleur.

Un trait noir appuyé renforce le contour du corps souplement modelé, qui se détache par contraste du montant vertical de la croix ombré par des hachures, masqué dans la fresque par le corps de Jésus. Paul Flandrin, qui collabore avec son frère pour le sanctuaire et la Chapelle des apôtres, a portraituré Hippolyte sous les traits du Christ dans la Crucifixion, la Montée au Calvaire et l'Entrée à Jérusalem. Ce cycle peint témoigne du renouveau des décors religieux monumentaux vers le milieu du XIXe siècle, pour l'essentiel porté par d'anciens élèves d'Ingres.



Le Dante, conduit par Virgile, offre des consolations aux âmes des Envieux 1837




Tête d'homme de profil, 1842




Polytès, fils de Priam, observant les mouvements des Grecs.1833-34.




Euripide composant ses tragédies




Le Sacrifice d' Isaac, 1860




Jeune homme nu assis sur le bord de la mer, 1855


Comme l'Oedipe peint par Ingres, maître de l'artiste, ce nu fut expédié à Paris en 1837 comme "envoi" de quatrième année de pensionnaire à l'Académie de France à Rome. La leçon puriste d'Ingres est ici poussée à l'extrême : le corps humain tend vers la forme primordiale du cercle. Parfait exemple de l'esthétique néoclassique des élèves d'Ingres, ce nu raffiné, posé devant un paysage de marine qui accentue l'étrangeté de la scène, montre le renouvellement entrepris par cette génération de peintres pour orienter l'esthétique antique vers un goût contemporain.


Oedipe et le Sphinx (Jean-Auguste Ingres 1780-1867) 1808


Grand portraitiste, Hippolyte Flandrin est un des meilleurs représentants de la descendance d'Ingres et de l'art néoclassique. Il est aussi un des plus importants peintres de peinture religieuse du XIXe siècle. Cette oeuvre, le jeune homme nu assis sur le bord de la mer, véritable icone gay a également inspiré de nombreux artistes:




Wilhem von Gloeden(1856-1931),Caino, 1902




Fred Holland Day(1864-1933) Ebony_and_ivory




Gaetano d'Agata+(1883-1949), Nudo maschile, circa 1923



Emission D'Art d'art ! du 27 avril 2009, présentée par Frédéric Taddéï,C. France 2

Jeune homme nu assis au bord de la mer



video


mercredi 28 avril 2010

Estampes homoérotiques chinoises



Dynastie Ming



Dynastie Quing



Dynastie Quing



Illustrations pour l'édition hollandaise de La nouvelle Justine où les malheurs de la vertu du Marquis de Sade (1740-1814), autour de 1800



































Salvador Dali (1904-1989)

"Aucun désir n'est coupable, il y a faute uniquement dans leur refoulement"


"Les désirs que je considère les plus nobles sont ceux que je considère comme les plus humains c'est à dire les plus pervers."



Pape du surréalisme en peinture, Salvador Dali est né le 11 Mai 1904 à Figueras en Catalogne. Il porte le même prénom que son père et que son frère décédé 9 mois auparavant, ce qui sera la source de beaucoup de pensées morbides et de troubles psychiques.

L'érotisme dalinien exprimé dans son oeuvre, exprime bien le rapport ambigu qu'il entretient avec la sexualité. Dans ses écrits, Dali se définit clairement dès son plus jeune âge comme un "parfait pervers polymorphe". Sous l'angle psychanalytique, la sexualité dalinienne apparaît comme le moteur principal de ses traumatismes et ses pulsions de jeunesse.

Très jeune, la sexualité, ou plutôt les jeux érotiques, ont fait partie du pesonnage de Dali. Afin de choquer son entourage et surtout les domestiques, il s'adonnait fréquemment à des jeux exhibitionnistes, offrant son corps nu chaque matin à la personne qui venait le réveiller.

Les premières approches littéraires de la sexualité ont profondemment traumatisé le jeune peintre. Dali raconte que son père disposait d'un recueil médical très détaillé sur les maladies vénériennes. Pour cette raison, longtemps Dali imagina l'acte amoureux comme une petite mort, homme étant dévoré à mort par la femme (concept de la mante religieuse).

A l'adolescence, il explora l'onanisme avec beaucoup de ferveur. Certains analystes des oeuvres de jeunesses de Salvador Dali affirment avoir décelé la présence de fantasmes incestueux inavoués dans ses nombreux portraits de dos de sa soeur Maria.

Son talent de dessinateur est révélé très jeune par un ami peintre de la famille, Ramon Pitchot. Il n’a donc pas de difficultés à convaincre ses parents de la nécessité de suivre des cours de dessin à l’Ecole des Beaux Arts de Madrid, où il rencontre Luis Bunuel et Federico Garcia Lorca, avec lequel il a une amitié complexe ainsi qu’en témoigne son tableau « composition aux 3 figures ».


Composition aux trois figures, 1926



Malgré une constante retenue, Dali est en proie à des obsessions sexuelles et scatologiques, à des fantasmes de pénétration et de peur de la castration. Lorca le sait et en joue avec lui. Dali tombe amoureux de Lorca sans que l'on sache s'ils ont concrétisé cette relation, Dali ayant affirmé ne pas avoir eu de relation sexuelle en dehors de Gala. Lorca ayant essayé de le sodomiser, en vain.


Lorca était homosexuel, totalement, exclusivement. Il voulut aimer librement. Cet aspect de sa vie est très important. Lorca aima Dali qui le lui rendit mais qui, plus tard, sous l'influence de Luis Buñuel horrifié par l'homosexualité, nia leur passion réciproque. Dali a passé sa vie à mentir. Obsédé par son refus du corps féminin, résista-t-il complètement à ses pulsions homosexuelles ?


"Quand Garcia Lorca voulait me posséder, je m'y refusais avec horreur. Mais en vieillissant, je suis un peu plus attiré par les hommes. À condition qu'ils n'aient pas de barbe, qu'ils soient très jeunes, qu'ils ressemblent à des filles, avec de longs cheveux et des visages angéliques. Sur un corps très souple, quasi féminin, voir se dresser une virilité me réjouit les yeux"


Politiquement, il est de tendance anarchiste et s’oppose à la dictature de Primo de Rivera. Il est exclu de l’école et emprisonné…Il devient héros parmi les étudiants et commence à se créer une réputation. C’est ainsi qu’on lui propose de participer à une exposition à Barcelone à la galerie Dalmau. Il est repéré par deux peintres catalans Picasso et Miro, qui lui ouvriront les portes des galeries parisiennes.

Bunuel, jaloux de cette relation avec Lorca et fondamentalement dégouté par cette homosexualité inavouée, commence à travailler avec Dali et cherche à le sortir de Barcelone et de Madrid. Il travaille avec Dali sur le « Chien andalou » ; ensemble ils le présentent à Paris et obtiennent un réel succès.

L’expérience parisienne est un choc érotique qui développe un peu plus ses obsessions : ombres phalliques, couples homosexuels, homme à mains vaginales, décomposition, excréments. Celui qui deviendra le Grand Masturbateur a trouvé sa voie. Typique de ces leitmotiv, le "Jeu lugubre ", où le sein d’une femme est le testicule d’un doigt phallique, où les fessiers sont rougis ou souillés.



Dali et Lorca






Extraits des lettres que Salvator Dali adresse à Federico Garcia Lorca, entre 1925 et 1936:

« Mon chéri, écris-moi, toi, le seul homme intéressant que j'ai connu ».

« Si j'étais à tes côtés, je ferais le Pédé pour t'émouvoir et te voler tes petits billets ».

« Pour Federico, avec toute la tendresse de son Bébé ».

« Il y a bien une histoire de saint Sébastien, qui prouve à quel point il est bien attaché à sa colonne, et que son dos est intact. Tu n'avais pas pensé que le cul de saint Sébastien n'est pas abîmé. »

Ses obsessions commencent à inquiéter son entourage… C’est à ce moment qu’il rencontre Eluard et sa femme Gala, dont il tombe amoureux. S’amorcera alors la période la plus prolifique et inventive de Dali.


Plus tard, Dalí organisera des rencontres érotiques qui raviront son besoin d'érotisme visuel et distant. Il théorisa ses fantasmes sous le terme de clédalisme, nom provenant de Solange de Cléda, héroïne de son unique roman érotique Visages Cachés.

Il en explique lui-même le fonctionnement : il s'agit d'abord de convaincre une quinzaine de participant à se livrer aux fantasmes du maître selon une organisation méticuleusement préparée et consignée par écrit par des "notaires". Les participants sont choisis pour leur beauté et leur raffinement, voire leur innocence. Il faut ensuite réunir tout le monde dans un lieu propice et minutieusement préparé. Et enfin, plaisir suprême de Dalí, une fois que tout est minutieusement en place, préparé depuis parfois plusieurs années, annuler brusquement la party au dernier moment. Organisation digne du Marquis de Sade, plaisir de la débauche, voyeurisme, frustration, impuissance... un vrai fantasme dalinien.

sources: Wikipédia, Emmanuelle Falsanisi, Notes et chronologie de Rafael Santos Torroella, Éditions Carrère, 1987, univerdali.com, culture et débat-overblog, Dali/Pauwels, Les Passions selon Dali, éditions Denoël, 2004 .





Salvador Dali et Federico Garcia Lorca












L'énigme de Guillaume Tell






Poesie d'Amerique, 1943






dessin érotique






Etude pour Guillaume Tell, 1932







Guillaume Tell, Gravida et le bureaucrate, 1932






Dessin érotique, 1931







Dessin érotique, 1931

dimanche 25 avril 2010

Pedro Centeno Vallenilla (1904-1988)







Né à Barcelone, le 13 Juin, 1904 et mort à Caracas le 14 août 1988. En 1915, il entra à l'Académie des Beaux Arts de Caracas, où il a étudié avec Alvarez Almeida García Crespo. Il poursuit ses études de droit à l'Université Centrale du Venezuela, où il obtient un doctorat en 1926, puis entre dans le service diplomatique.

En 1927, il voyage en Europe, en poste à Paris à partir de 1932, puis à Rome, comme représentant du Venezuela au Vatican. De 1940 à 1944, il vécut aux États-Unis. À son retour à Caracas, il se consacre entièrement à la peinture et ouvre une académie dans son studio. Ses premières expositions ont eu lieu à l'École de Musique de Caracas en 1932, et à la Galerie Charpentier à Paris en 1933. Dans les années cinquante, il a été recruté pour réalisé de grandes peintures murales pour le Palais fédéral et le cercle des Forces armées.

Ses thématiques sont éthniques, religieuses, payennes, mythologiques.Il représente les indiens, les noirs avec de beaux corps forts musclés dont le trait peut faire penser à George Quaintance. Sa représentation du corps de l'homme transpire l'homoérotisme.



La Estirpe,1935.














san sebastian




QUETZALCOHUATL




Motivos plasticos de la fundacion de Caracas, 1950




Gran Arquitecto



















Samson et Dalila




El Dia




Impressions de Grêce, 1933